Julian Assange face à la demande d'extradition

Un monde qui renverse la raison. Un innocent est en prison. Les criminels de guerre sont libres.

Les audiences concernant la demande d'extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis ont repris à Londres le 7 septembre. Initialement prévues pour 3 semaines, elles se seront prolongées jusqu'à la fin de septembre.

Elles ont permis d'entendre des témoignages très forts. Notamment ceux de journalistes qui ont travaillé avec Julian Assange à la publication des documents relatifs aux crimes de guerre commis en Afghanistan et en Irak par les troupes etasuniennes ou alliées, ceux-ci ont insisté sur l'attention qu'Assange portait à la sécurité et au soin qu'il mettait à faire effacer les noms des personnes que la publication aurait pu mettre en danger. D'autres témoins ont parlé de l'apport des publications de WikiLeaks pour leur travail (dans différentes ONG) auprès des prisonniers de guerre, pour la dignité des victimes…

Daniel Elsberg, lanceur d'alerte pendant la guerre du Vietnam, a répété l'importance pour les journalistes de pouvoir travailler avec des sources en protégeant leur anonymat et l'importance pour la démocratie de pouvoir transmettre des informations que les gouvernements voudraient garder secrètes mais utiles et importantes pour le public.

Alors que l'impact que pourrait avoir l'extradition sur la vie de Julian Assange avait été seulement évoqué les premières semaines, lors de la troisième, la parole a été donnée à des experts médicaux à propos de sa santé mentale. Ce point sensible est important étant donné que la loi britannique sur l'extradition de 2003 et la convention européenne des droits de l'homme ( article 3) s'opposent à l’extradition de personnes souffrant de troubles qui pourraient être aggravés par celle-ci. De tous ces témoignages, on peut en tout cas retenir que ce sur quoi Nils Melzer, rapporteur de l'ONU sur la torture, attirait l'attention depuis des mois s'avère tout-à-fait vrai et qu'il est regrettable qu'il n'ait pas été écouté…

A la fin des audiences, la défense aura 4 semaines pour déposer ses conclusions, puis l'accusation aura elle aussi quelques jours. Cela nous mènera mi-novembre. La juge Baraitser parle de rendre ses conclusions fin 2020 ou début 2021.

Nous devons donc à nouveau réclamer avec force la libération conditionnelle de Julian Assange immédiatement ainsi que l'abandon total des charges à son encontre.

MFD

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LES PROFONDS REGRETS DES 60 ANS APRÈS

Vôte de confiance de la chambre des représentants du Congo à l'égard du gouvernement de Patrice Lumumba,
le 24 juin 1960 (Congopresse photo (1960): Léopoldville)

Le 30 juin 1960, dans une ambiance festive au son d’« indépendance Tcha-tcha » le Congo accédait à l’indépendance.

Lors de la séance inaugurale tenue à Léopoldville (Kinshasa), dans un discours dithyrambique sur le Congo belge, le roi Baudouin considère l'indépendance comme l'aboutissement de « l’œuvre » que le Roi Léopold II avait entreprise avec un courage tenace. Une œuvre continuée avec persévérance par la Belgique qui, pendant 80 ans, « a envoyé les meilleurs de ses fils, pour délivrer le bassin du Congo de l'odieux trafic esclavagiste ». Il encense ceux qu’il qualifie de « pionniers de l'émancipation africaine » et ceux, qui après eux, ont fait du Congo « ce qu'il est aujourd'hui ». Il définit le colonialisme comme une œuvre « civilisatrice » qui mérite « notre admiration et la reconnaissance des congolais ». Il glorifie ceux qui ont consacré tous leurs efforts et même leur vie à ce « grand idéal ». Il en conclut que l’indépendance est le couronnement de la « grande œuvre » de Léopold II qu’il qualifie de « civilisateur et non de conquérant ».

Le discours du premier ministre Patrice Lumumba fut un peu plus nuancé en rappelant que l’indépendance résultait avant tout de l'aboutissement d’une lutte noble et juste mais faites de larmes de feu et de sang indispensable pour mettre fin à l'humiliant esclavage, qui était imposé par la force.

Il témoigna du sort réservé au peuple congolais en 80 ans de régime colonial dans ces termes :

« Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d'élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu'à un noir on disait « Tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « Vous » honorable était réservé aux seuls blancs ? »

« Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort, nous avons connu que la loi n'était jamais la même, selon qu'il s'agissait d'un blanc ou d'un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. »

« Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie. »

« Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir parce que nous étions des nègres. Nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre tête de l’esprit colonialiste, nous vous disons : tout cela est désormais fini. »

« nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. »

Furieux et outré, il s’en fallut de peu pour que sa majesté Baudouin Ier plie bagages et rentre à Bruxelles. Le roi et son gouvernement ne tarderont pas à manifester leurs intentions néo colonialistes vis-à-vis du Congo indépendant, les événements qui vont se précipiter en attestent. 

Le 12 aout 1960, la Belgique signe un accord, reconnaissant de facto l'indépendance de la province du Katanga placée sous le gouvernement fantoche de Moïse Tschombé. Alors que le gouvernement de Lumumba décide de réagir, l'ONU impose militairement un cessez-le-feu, empêchant les troupes congolaises d’intervenir au Katanga. Le roi qui se félicite de l’événement est tout éloge pour Tschombé à qui il donne du « Monsieur le Président » comme s’il s'agissait du chef légitime d’un Etat reconnu internationalement. Il se dit « très sensible aux sentiments d’attachement que Tschombé éprouve pour la Belgique et sa dynastie ». Derrière Tshombé, il y a des officiers belges, comme le major Gui Weber, un des chefs belges de la petite armée sécessionniste katangaise et conseiller militaire de Tschombé. Mais il y a aussi l’Union minière du Haut-katanga filiale de la société générale de Belgique…

Le 26 aout, le directeur de la CIA Allen Dullesö indique à ses agents à Léopoldville au sujet de Lumumba : « Nous avons décidé que son éloignement est notre objectif le plus important et mérite grande priorité dans notre action secrète ». Des archives de le CIA déclassées en 2007 attestent d’un plan des USA pour assassiner Lumumba.

Le 14 septembre 1960, sous l’instigation de la Belgique et de la CIA, un certain Mobutu, chef d’état major de l’armée congolaise renverse le gouvernement et assigne Lumumba à résidence. Derrière Mobutu, il y a le chef de l’antenne de la CIA Devlin, le colonel belge Marlière et le mercenaire Bob Denard.

Le 6 octobre 1960, le ministre belge des Affaires africaines d’Aspremont Linden adresse un telex au chef de la Mission technique belge à Elisabethville indiquant que « l’objectif principal à poursuivre dans l’intérêt du Congo, du Katanga et de la Belgique est évidemment l’élimination définitive de Lumumba ».

Dans une lettre datée du 19 octobre le major Gui Weber informe le cabinet du roi Baudouin que Mobutu et Tschombé s’entendraient pour élimi­ner Lumumba « si possible physiquement ». 

La réponse de Baudouin qui ne traite pas directement de l’assassinat est néanmoins consi­dérée par la commission d'enquête parlementaire comme une approbation implicite du plan élabo­ré pour éliminer Lumumba. Rappelons qu’après une tentative de fuite, Lumumba sera capturé par Mobutu et transféré au Katanga avec la compli­cité belge où il sera massacré avec ses partisans Maurice Mpolo et Joseph Okito le 17 janvier 1961 en présence de Moïse Tschombé et de quatre de ses collaborateurs belges. Ensuite des agents secrets belges seront chargés de découper les corps pour le dissoudre dans de l’acide.

Patrice Lumumba, 27 déc. 1960, Photographe inconnu

Plusieurs des partisans de Lumumba seront exécutés dans les jours qui vont suivre, avec la participation de militaires ou mercenaires belges.

Tschombé lance alors la rumeur selon laquelle Lumumba aurait été assassiné par des villageois. Ceci déclenche une insurrection parmi la population paysanne, qui prend les armes sous la direction de Pierre Mulele, ancien ministre de l’Éducation avant d’être écrasée par l’armée de Mobutu, soutenue par la Belgique et des mercenaires sud-africains.

Même s’il vaut mieux tard que jamais, au vu de ce qui précède, « les plus profonds regrets » pour les « actes de violence » et les « souffrances infligées au Congo léopoldien puis belge » expri­més par le roi Philippe à l’occasion du 60me anniversaire de l’indépendance du Congo sonne faux devant ce qui fut un véritable crime d’état.

Marc Denonville, secrétaire politique de la fédération de Liège

Jean Fagard, Porte -parole du Bureau politique

Sources :

Commission parlementaire sur l’affaire Lumumba.(2001-2002)

Ludo De Witte : L’assassinat de Lumumba (Karthala 2000)

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21 IMCWP, La lutte contre le fascisme est la tâche commune d'aujourd'hui !

Déclaration de la XXIe réunion internationale des partis communistes et ouvriers à Izmir du 18 au 20 octobre 2019
La lutte contre le fascisme est la tâche commune d'aujourd'hui !

Les partis communistes et ouvriers participant à la réunion soutiennent la lutte antifasciste des travailleurs du Donbass, contre lesquels le régime nationaliste ukrainien actuel (avec le soutien de l'impérialisme (les Etats-Unis et l'UE)) mène actuellement des opérations punitives lors de la guerre civile. Les hommes tuent parce qu'ils veulent parler dans leur langue russe natale, ils ne veulent pas reconnaître comme héros les complices des fascistes d'Hitler, ils ne veulent pas détruire les monuments soviétiques et ils ne veulent pas rompre les liens avec la Russie.
Nous déclarons notre protestation catégorique contre la montée du nazisme et notre volonté déterminée de lutter contre la résurgence de la peste brune.
En même temps, les communistes déclarent une fois de plus que pour mettre fin au fascisme, on ne peut se débarrasser du capitalisme que pour toujours.
Nous consacrerons toutes nos activités et nos vies à cette lutte.
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

Motion soumise par le SKU, RKRP,
18-20 octobre 2019 Turquie, Izmir
 
Signataires
Parti communiste d'Azerbaïdjan
Tribune démocratique progressiste, Bahreïn
Parti communiste du Bangladesh
Parti communiste de Belgique
Parti communiste brésilien
Parti communiste du Canada
Parti socialiste ouvrier de Croatie
Parti communiste de Bohême et de Moravie
Parti communiste du Danemark
Parti communiste au Danemark
Parti communiste unifié de Géorgie
Parti communiste allemand
Parti communiste de Grèce
Parti des travailleurs hongrois
Parti communiste irakien
Parti communiste du Kurdistan-Iraq
Parti communiste d'Israël
Parti communiste italien
Parti du Travail de Corée
Vladimir Frolov, Président du Parti socialiste de Lettonie
Parti socialiste, Lituanie
Parti communiste du Mexique
Parti communiste de Norvège
Parti communiste palestinien
Parti communiste de l'Union soviétique
Parti communiste ouvrier russe
Parti communiste de la Fédération de Russie
Nouveau Parti communiste de Yougoslavie
Communistes de Serbie
Parti communiste sud-africain
Parti communiste des travailleurs d'Espagne
Parti communiste des peuples d'Espagne
Communistes de Catalogne
Parti communiste du Sri Lanka
Parti communiste de Suède
Parti communiste de Turquie
Parti communiste d'Ukraine
Union des communistes d'Ukraine
Parti communiste de l'Uruguay
Parti communiste du Venezuela
La déclaration de solidarité est ouverte à d'autres souscriptions

cf. http://solidnet.org/article/21-IMCWP-The-fight-against-fascism-is-the-common-task-of-today/

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Un sale crime en préparation

BAS LES PATTES DU VENEZUELA !!

Incapable d'assumer ses responsabilités vis-à-vis de la grave crise sanitaire qui l'affecte, l'impérialisme américain est en train de mettre en œuvre une des pires et plus lâches crimes de son histoire, pourtant si riche en agressions. Et il le fait à un moment où, à cause précisément de la criminelle politique de sanctions, ce peuple insoumis a besoin d'urgence de médicaments.

Cette misérable agression a connu un moment important lorsque le Fond Monétaire International, le même qui prodiguait des dizaines de milliards de dollars pour maintenir en vie le régime néo-fasciste de Porochenko en Ukraine, s'est permis de refuser la demande urgente de 5 milliards de dollars que le président Maduro avait sollicités. La pitoyable réponse de ce syndicat de la finance mondiale dirigé par la servile Christine Lagarde mérite d'être signalée :

« Malheureusement, le Fonds n'est pas en mesure de prendre en considération cette demande car l'action du FMI est fondée sur une reconnaissance officielle du gouvernement par la communauté internationale. Il n'y a pas de reconnaissance claire à ce stade en ce qui concerne le Venezuela. »

Le FMI se fonde sur le coup de poignard perpétré par la France de Macron, l'Espagne du socialiste Sanchez, et le Royaume Uni, et confirmé honteusement par le Parlement européen, de reconnaître le collabo Guaidó comme président de ce pays. Initiative venant justement des trois pays avec la plus riche tradition colonialiste. Et c'est à partir de ces intentions rétrogrades que la pensée dominante fabrique la notion de « communauté internationale ». Pour ces tristes sires, des pays comme l'Inde, le Mexique, la Russie, la Chine qui, parmi tant d'autres, reconnaissent sans réserve le gouvernement du président Maduro, ces pays, leurs populations, ne font pas partie de la « communauté internationale ».

Aujourd'hui 5 avril, alors que les navires de guerre américains se dirigent vers les Caraïbes ; le gouvernement colombien pro-yankee d'Ivan Duque est occupé à fabriquer des incidents à la frontière et Ursula von der Leyen, l'élégante caniche du Pentagone, qui préside l'Union Européenne vient de donner son accord au diktat de Trump de mettre en marche un coup d'état contre le pays de Bolivar et de Chavez. Bien entendu, sans la moindre surprise, le social-traitre espagnol, Josep Borrel, commissaire aux affaires étrangères, s'est précipité pour s'incliner et donner son soutien sans faille au crime en préparation. aux affaires

Face à ce spectacle de la plus extrême indécence nous appelons tous les démocrates à manifester de toutes les manières possibles leur dégoût et leur colère.

Bruxelles le 05.04.2020

Pour le Bureau Politique
Jean Fagard, Porte-parole
Vladimir Caller, Responsable des questions internationales

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21 IMCWP, RÉSOLUTION DE SOLIDARITÉ AVEC CUBA

Les partis participant à la 21e Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers expriment leur ferme solidarité avec Cuba face à l'attaque impérialiste du gouvernement américain. 

Nous condamnons les mesures prises par l'Administration Trump pour renforcer encore le blocus économique, financier et commercial contre Cuba, qui viole le droit international et constitue la violation massive la plus flagrante des droits de ses citoyens et le principal obstacle au développement économique et social de cette nation. 

Nous condamnons fermement les actes de harcèlement financier contre Cuba, la loi Helms-Burton, la mise en œuvre des titres III et IV de cette loi, les tentatives visant à empêcher le peuple cubain de recevoir le carburant dont il a besoin pour son économie, les complots subversifs visant principalement les nouvelles générations et la campagne de diffamation contre la coopération médicale de Cuba avec des dizaines de pays au profit de leurs populations. 

Nous reconnaissons l'engagement du peuple cubain, du Parti communiste et du gouvernement révolutionnaire cubain à résister, combattre et surmonter l'agression impérialiste croissante et à garantir, même dans ces circonstances, le développement de la société socialiste. 

Nous réaffirmons notre détermination à mener des actions permanentes et systématiques pour soutenir le peuple cubain résilient et à participer activement à la campagne internationale de solidarité "Bas les pattes de Cuba".

A bas le blocus ! 

Vive la révolution cubaine !

 

Signé par

Tribune démocratique progressiste, Bahreïn

Parti communiste du Bangladesh 

Parti communiste de Belgique

Parti du Travail de Belgique

Parti communiste brésilien

Parti communiste de Grande-Bretagne

Parti communiste du Canada

Parti socialiste ouvrier de Croatie

AKEL, Chypre

Parti communiste de Bohême et de Moravie

Parti communiste au Danemark

Parti communiste de Finlande

Parti communiste français

Parti communiste allemand

Parti communiste de Grèce

Parti des travailleurs hongrois

Parti communiste irakien

Parti communiste du Kurdistan-Iraq

Parti communiste d'Israël

Parti communiste italien

Parti du Travail de Corée

Parti communiste palestinien

Parti communiste du Pakistan

Parti communiste portugais

Parti communiste de la Fédération de Russie

Nouveau Parti communiste de Yougoslavie

Communistes de Serbie

Parti communiste du Sri Lanka

Parti communiste des peuples d'Espagne

Communistes de Catalogne

Parti communiste de Turquie

Parti communiste d'Ukraine

Parti communiste de l'Uruguay

Parti communiste des États-Unis

Parti communiste du Venezuela

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