1er mai - Fête du Travail à Liège - Discours du Camarade Marc Denonville

 

Chers amis, chers camarades,

En ce 1er mai 2022, la guerre en Ukraine et la hausse du coût de la vie qui en résulte nous rappellent que la paix et le bien-être sont indissociables.

Nous saluons chaleureusement les travailleurs et les syndicalistes en lutte pour la défense du pouvoir d’achat mangé par l’inflation. Pour nous communistes, il est clair que la notion de pouvoir d’achat doit nous permettre de vivre décemment et non de répondre à une publicité qui nous invite à consommer parce que « nous le valons bien ». Nous dénonçons notre gouvernement qui maintient la norme d’augmentation des salaires à 0,4% en refusant tout blocage des prix ou diminution de la TVA et qui n’hésite pas à financer l’armement de l’Ukraine.

Nous condamnons fermement l’invasion de l’Ukraine et ses conséquences pour la population civile tant ukrainienne que russe. Nous estimons que Poutine a commis l’erreur de tomber dans le piège de la provocation tendu par l’impérialisme, un piège qui n’aura d’autres effets que de renforcer le nationalisme ukrainien et d’accentuer la russophobie. L’intervention russe qui n'est certainement pas une « promenade de santé » ne manquera pas de faire les choux gras de tous ceux qui poussent au renforcement de l’OTAN et à la réactivation de la course aux armements. La récente décision de la Finlande et de la Suède d’adhérer à l’OTAN, va dans ce sens. Cependant on ne peut se limiter à condamner la guerre sans évoquer la genèse du conflit.

Tout comme en Arménie, Géorgie Tchétchénie, la guerre en Ukraine est une des conséquences de l’effondrement de l’URSS, un effondrement qui a réactivé des frontières territoriales en restaurant un nationalisme outrancier. Dans l’URSS internationaliste, la citoyenneté soviétique primait sur l’appartenance nationale, c’est cette citoyenneté soviétique qui a rapproché les Russes les Biélorusses et Ukrainiens avec les autres peuples de l’URSS pour permettre la victoire sur le nazisme au prix de 27 millions de victimes

Cette guerre est également la suite du véritable coup d’état de 2013 où le président Ianoukovitch, un Ukrainien démocratiquement élu a dû son salut à sa fuite en Russie, sa tête étant mise à prix pour les distances qu’il avait prises à propos de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et à l’Union Européenne.

 Conclus en 2014, les accords de Minsk qui attribuaient une certaine autonomie aux populations russophiles du Donbass n’ont jamais été respectés et ces populations sont victimes depuis 2014 d’une agression perpétrée par une armée ukrainienne gangrenée par l’extrême droite et plus particulièrement par la division Azov de sinistre réputation qui arbore le blason de la division SS Das Reich.  Dans ce contexte, on peut dire que cette guerre n'a pas débuté il y a deux mois car, depuis 2014, les régions autonomes du Donbass ont subi 1400 attaques de l'armée ukrainiennes qui ont déjà fait 15000 victimes.

L’intervention russe en Ukraine est surtout une conséquence de l’impérialisme et de son corollaire otanien qui n’ont jamais respecté les engagements qui avaient été pris lors de la dislocation de l’URSS de ne pas installer des bases de l’OTAN dans les territoires de la zone du pacte de Varsovie. Aujourd’hui la Russie se sent légitimement menacée parce qu’elle est encerclée par des bases de l'OTAN et étatsuniennes et parce qu’elle connait le prix de la guerre. Il faut rappeler que des bases militaires des Etats-Unis sont déjà installées dans les trois Etats baltes, en Pologne, en Roumanie, en Bulgarie, en Hongrie, en Slovaquie et au Kossovo. D'autres bases sont prévues dans les Balkans, en Albanie, en Croatie et au Monténégro. En se référant à la crise de 1962, on peut se demander si l’administration US accepterait que la Russie installe une base au Canada ou au Mexique.

La guerre en Ukraine va surtout être le prétexte pour renforcer cet encerclement qui risque de se reproduire autour de la Chine.

C’est ainsi que l’administration Biden vient de créer un "cercle de réflexion" qui planifie la nucléarisation de toute l'Europe. Il s’agit d’un projet d'installation de nouvelles armes nucléaires made in USA la bombe B-61 Model 12 qui coïncide avec la vente des chasseurs bombardier F-35 à l'Allemagne, à la Belgique et aux Pays-Bas.

Non content d'être un larbin au service de l'impérialisme américain, le gouvernement belge fait de la Belgique un véritable « porte-avion » nucléaire sans consultation de la population alors que le pays abritant les centres de commandement de l’OTAN serait une cible privilégiée en cas d’élargissement du conflit. Les récentes déclarations va-t-en-guerre de notre ancien premier ministres Charles Michel qui appelait à reconquérir le Donbass et la Crimée sont indignes d’un président du conseil européen et en disent long sur le caractère belliciste de l’institution et ses relations avec le complexe militaro industriel.

 On peut douter de l’efficacité des sanctions économiques à l’encontre d’une Russie qui ne manque certainement pas de ressources. Cependant ces sanctions contribueront à l’appauvrissement des travailleurs et à l’affaiblissement de l’économie européenne qui est un concurrent majeur des États-Unis. Outre, les ventes d’armement, les USA vont faire de bonnes affaires en nous livrant du blé, du charbon du gaz liquéfié et du pétrole.

D’ores et déjà Joe Biden a annoncé que les États-Unis s'efforceront de garantir des volumes de gaz naturel liquéfié (GNL) américain supplémentaires pour le marché de l'Union européenne à concurrence de 15 milliards de mètres cubes en 2022, avec un objectif de 50 milliards de m3 supplémentaire pour 2030. Si l’on tient compte que ce gaz et ce pétrole proviennent de l’exploitation du schiste on se rend compte qu’à ce niveau les préoccupations écologistes disparaissent au profit du sacro-saint « les affaires sont les affaires ».

Si nous saluons la mansuétude avec laquelle sont accueillis les réfugiés ukrainiens, nous aimerions qu'il en soit de même pour les réfugiés des guerres de l'OTAN, lesquels sont expulsés abandonnés à la noyade en mer ou obligés de faire des grèves de la faim pour se faire entendre.

Des journalistes d’investigation comme Michel Collon et des personnalités de premier plan tel Pierre Galand nous mettent en garde contre les informations diffusées par les médias. A propos d’information, en ce 1er mai nous ne pouvons pas nous limiter à dénoncer l’impérialisme sans évoquer l’extradition imminente vers les USA de Julien Assange qui y risque une condamnation de 175 années de prison pour avoir commis le crime d’exercer son métier de journaliste en nous donnant des informations sur les traquenards et mensonges de l’administration US.

L’extrême droite en Ukraine ne doit pas nous détourner de sa montée chez nous. Le score de madame Le Pen en dit long sur la banalisation de l’extrême droite qui devient un « parti comme les autres ». Il est regrettable que nos camarades du PCF ainsi que les socialistes et écologistes n’aient pas daigné soutenir Mélenchon qui avait toutes les chances d’accéder au second tour et peut être à la présidence ce qui aurait été préférable au choix entre « la peste et le cholera ».

Chez nous en s’entretenant avec le président du VB le président du MR George Louis Bouchez a aussi contribué à banaliser l’extrême droite en remettant en question le « cordon sanitaire ». Mais il est vrai qu’au MR on préfère réserver  le cordon sanitaire à la gauche radicale et syndicale et au PTB. 

Une fois de plus l'histoire nous montre que néolibéralisme et extrême droite sont plus proches qu'il n'y paraît. Une fois de plus le mot d’ordre de désarmement et de dissolution de l’OTAN est plus que jamais d’actualité. Dénonçons l'escalade, la militarisation et la nucléarisation de l'Europe et de la Belgique ! Vive l’internationalisme. Vive le 1er mai 2022 ! 

 

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Rejet de l'appel de Julian Assange

Ce 14 mars, la Cour suprême britannique a rejeté l'appel de Julian Assange, qui contestait son extradition vers les Etats-Unis. En première instance, la magistrate avait refusé l’extradition au motif du danger qu’Assange se suicide, en raison des conditions drastiques auxquelles il serait soumis dans les prisons des Etats-Unis (prison supermax, régime d’incarcération semblable à celui des terroristes, etc). Les Etats-Unis avaient interjeté appel de cette décision, en présentant des garanties de bon traitement, et obtenu gain de cause devant la Cour d’appel – en dépit du caractère peu convaincant de leurs arguments au regard d’expériences antérieures. « Trop facile de venir avec ça après le jugement », avaient rétorqué les avocats d’Assange, qui avaient porté l’affaire devant la Cour suprême avec plusieurs arguments. 

La décision de la Cour suprême n’est pas vraiment une surprise. Une particularité - d’ailleurs très contestable – du système judiciaire britannique, est que les possibilités d’appel sont soumises à une forme d’« autorisation préalable » et la Cour n'avait autorisé l’examen que d’un seul des motifs exposés par la défense, sur la question de savoir si la juge de première instance aurait dû demander aux Etats-Unis des garanties sur le régime carcéral, ou si les Etats-Unis auraient dû les apporter spontanément. La Cour suprême rejette l’argument de la défense d’Assange.

Le jugement de première instance, qui refusait l’extradition, est donc réformé, et il appartient à présent à la ministre de l’Intérieur, Priti Patel, de décider de l’extradition de Julian Assange. La position du gouvernement de Boris Johnson à l’égard des USA dans un contexte post-brexit, et la position générale de cette ministre particulièrement répressive laissent penser qu’elle se prononcera en faveur de l’extradition.

Mais contrairement à ce que certains médias laissent entendre, ce n’est pas la fin de la procédure. Au contraire, on peut même dire qu’on arrive au cœur de cette affaire. Car la défense va maintenant contester une éventuelle décision d’extradition par la Ministre sur la base d’autres arguments, qui n’ont pas encore pu être examinés jusqu’ici – car la défense attendait d’abord l’issue de la question de la santé d’Assange en cas d’extradition. Dans sa note de contr’appel introduite en avril 2021 [1], elle avait en effet bien précisé qu’en cas de succès des USA sur l’argument extradition/santé, elle interjetterait appel sur tous les motifs qu’elle avait invoqués en première instance et que la magistrate avait rejetés, relatifs à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, et au caractère politique de la demande américaine d’extradition.

Il s’agit de l’enjeu majeur de ce procès d’extradition. Il serait navrant et même dramatique que tous les défenseurs de la liberté de la presse, d’informer et d’être informés, y compris les médias, associations de journalistes et autres, ne s’expriment pas maintenant fortement pour empêcher cette extradition.

[1] cf https://www.tareqhaddad.com/wp-content/uploads/2021/08/2021.04.06-%E2%80%93-Assange-Extradition-Hearings-%E2%80%93Notice_of_Objection_and_Submissions_on_Approach_to_Appeal.pdf , plus particulièrement pages 33 à 41

Belgium4Assange - Comité Free.Assange.Belgium

 

 

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Le courage et le dévouement du personnel soignant

La crise sanitaire de 2020 a été maîtrisée grâce au courage et au dévouement du secteur de la santé. Toutes les catégories du personnel hospitalier se sont dépensées sans compter, face à des situations épuisantes, tant au plan physique qu’émotionnel.

La crise a aussi mis en évidence le sous-financement du secteur, conséquence des politiques budgétaires d’austérité mises en œuvre par les gouvernements fédéraux successifs, sur instructions de l’Union européenne.

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