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Déclaration commune belgo-luxembourgeoise: faire mousser la bière ou faire mousser les profits? Version imprimable E-mail
Ecrit par Déi Lénk et PC Wallonie-Bruxelles   
17-01-2010

 La multinationale AB Inbev née de la fusion du groupe belgo-brésilien InBev avec le brasseur américain Anheuser-Busch, réalise de plantureux bénéfices : 2,1 milliards d’euros de résultat net pour un chiffre d’affaires de 16,1 milliards en 2008. Cela ne l’a pas empêchée d’annoncer sa volonté de supprimer 10% de ses emplois en Europe. En pratique cela concerne environ 1000 emplois au niveau européen dont 300 (sur 2800) en Belgique et 63 (sur 93) au Luxembourg.

A Louvain, 179 emplois sont dans le collimateur. A Jupille en région liégeoise, pas moins de 63 emplois (29 employés, 14 cadres et 20 ouvriers) sur 430 sont dans le collimateur. Et la délocalisation vers Louvain et vers la Hongrie de toute une série de tâches administratives se poursuit.

A Diekirch au Luxembourg, la situation est pire encore puisque la production de bière va être purement et simplement stoppée. Ce sont 63 emplois sur 93 qui risquent d’être supprimés à La Brasserie de Luxembourg (née de la fusion des brasseries Diekirch et Mousel en 2000 puis rachetée en 2002 par Inbev), dont 25 dans la production transférée à Louvain et Jupille, 30 dans distribution, 8 dans marketing. En 2008, ce site de production a pourtant encore réalisé 5 millions d’euros de bénéfices.

Diviser les travailleurs

On voit bien la tactique qui consiste aujourd’hui à jouer la « guerre des sites de production ». Des initiatives proposant le boycott des bières produites en Belgique apparaissent. Il est important de refuser cette logique et de ne pas oublier que les travailleurs et travailleuses qu’ils/elles soient luxembourgeois(es) ou belges, wallon(ne)s ou flamand(e)s, sont tous et toutes victimes des politiques ultralibérales qui mettent les travailleurs (et plus globalement les peuples) en concurrence au non du profit. Il est essentiel que les travailleurs et travailleuses puissent préserver une forte solidarité face à ces attaques.

On voit bien la tactique qui consiste aujourd’hui à jouer la « guerre des sites de production ». Des initiatives proposant le boycott des bières produites en Belgique apparaissent. Il est important de refuser cette logique et de ne pas oublier que les travailleurs et travailleuses qu’ils/elles soient luxembourgeois(es) ou belges, wallon(ne)s ou flamand(e)s, sont tous et toutes victimes des politiques ultralibérales qui mettent les travailleurs (et plus globalement les peuples) en concurrence au non du profit. Il est essentiel que les travailleurs et travailleuses puissent préserver une forte solidarité face à ces attaques.

Faire mousser les profits

AB Inbev justifie les restructurations par une diminution de la consommation de bière. Outre que cette baisse est très modeste, il faut noter que le groupe dans son ensemble ne voit pas baisser sa production à moyen terme. Il faut aussi noter qu’une bière comme la Jupiler brassée essentiellement à Jupille voit sa consommation augmenter et que la production totale du site de Jupille (environ 4.5 millions d’hectolitres) ne baisse pas.

En vérité, le groupe AB-Inbev tente de faire payer aux travailleurs et travailleuses le coût de la méga-fusion de 2008 avec le groupe américain Anheuser-Busch qui a coûté quelque 52 milliards de dollars, afin de conserver de plantureux dividendes pour ses actionnaires.

Et parmi les nouveaux « compagnons de route » de la multinationale, on trouve CVC Capital Partners, un fonds d’investissement domicilié à Luxembourg, qui en octobre 2009 a racheté pour 3 milliards de dollars les activités en Europe Centrale d’Anheuser-Busch, une nouvelle structure baptisée StarBev ayant été créée. CVC produit des bières à l’Est mais a également obtenu les droits de commercialisation pour Stella Artois, Hoegaarden, Beck’s, Löwenbräu, Spaten et Leffe. Chez CVC, on sait saigner les travailleurs et travailleuses pour faire mousser les bénéfices et abreuver les actionnaires. En Belgique on connaît bien ce fonds d’investissement propriétaire de la moitié de la Poste où il est occupé à opérer un véritable bain de sang social (perte de 1500 ETP chaque année et fermeture de la moitié des bureaux de poste notamment)

Le Parti Communiste Wallonie-Bruxelles et déi Lénk joignent leurs voix afin de refuser cette logique qui fait passer le profit avant les hommes. Plus que jamais, il est urgent de légiférer afin d’interdire les licenciements abusifs réalisés par des entreprises produisant des bénéfices. Plus que jamais il est urgent de stopper le gigantisme et la globalisation capitaliste pour produire de la qualité sur une échelle plus petite. C’est pourquoi nous prônons une relocalisation de l’activité économique, en stoppant la course aux surprofits et aux délocalisations, notamment en mettant à contribution le capital par une hausse de l’impôt sur les dividendes distribués par les sociétés. Nous sommes totalement solidaires du combat syndical mené aujourd’hui dans nos deux pays.