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Communiqué du 13 juin 2009 : Pérou la sanglante vitrine de la mondialisation Version imprimable E-mail
Ecrit par Bureau Politique   
13-06-2009

 Dans le cadre de la politique de privatisation forcenée et de l’ouverture sans restrictions aux investissements étrangers décidés par les accords du traité de libre commerce (TLC) souscrits entre le  président Alan Garcia et le gouvernement Bush, le gouvernement péruvien avait légiféré afin de donner libre accès aux multinationales pour la prospection et exploitation des énormes ressources forestières de sa région amazonienne  ainsi que des grands gisements de gaz naturel et de pétrole récemment découverts.

Les populations indigènes de cette région ne comptaient toutefois pas se soumettre si docilement à cette agression contre leur habitat, leurs coutumes, leur environnement. Elles ont d’abord manifesté pacifiquement leur désaccord, puis, faute de réaction des autorités, de manière plus énergique. Ainsi, depuis déjà presque 4 mois, des actions ont été menées pour bloquer l’avancement des travaux (encerclement des chantiers, blocage des routes..).

La réaction du gouvernement du président Alan García, probablement le plus servile des chefs d’état de l’Amérique Latine envers les multinationales, ne s’est pas fait attendre et une violente répression a été entreprise contre les populations révoltées y compris l’utilisation d’hélicoptères pour tirer sur les manifestants qui ne disposaient que de leurs flèches. Le bilan tragique de cette violente répression reste inconnu ; Garcia parle d’une dizaine de morts parmi les civils et une vingtaine parmi les militaires mais des témoins directs disent avoir vu charger en catimini des dizaines de sacs plastiques dans des hélicoptères et des embarcations fluviales de la marine. Difficile en tout cas de faire confiance en la macabre comptabilité du président social-démocrate péruvien, par ailleurs vice-président honoraire de l’Internationale Socialiste, déjà connu pour avoir « résolu », dans son précédent mandat, une révolte dans la prison centrale de Lima, par le carnage de 250 prisonniers.

Dans ce contexte, le silence de l’Union européenne et des pontes ‘humanistes’ comme Bernard Kouchner et Daniel Cohn-Bendit, toujours prêts à dénoncer des violations des droits humains venant soit disant de Cuba, du Venezuela ou de Bolivie,  n’est que révélateur de la profondeur de leur misérable hypocrisie. Plus près de chez nous, le silence de nos autorités et de Louis Michel, commissaire au développement est aussi très révélateur.

Face à tout cela, tout en manifestant notre profonde solidarité avec le peuple péruvien et en particulier sa composante indigène, nous tenons à dénoncer avec la plus grande énergie les auteurs de ces crimes et leurs complices.

Bruxelles, le 13 juin
Le Bureau Politique