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Cinquante ans d'indépendance du Congo : Le rêve de Patrice Lumumba assassiné Version imprimable E-mail
Ecrit par Bureau Politique   
29-06-2010

 A quelques jours du 50ème anniversaire de l’indépendance du Congo, le débat sur la responsabilité belge dans l’élimination de Patrice Emery Lumumba n’est décidément pas clos. En effet, la famille du premier Premier ministre congolais, soutenue par la Ligue belge des droits de l’homme et l’historien Ludo De Witte, a annoncé le prochain dépôt d’une plainte au pénal à l’encontre douze policiers, militaires et fonctionnaires belges, accusés d’être impliqués dans son enlèvement ou son assassinat, le 17 janvier 1961, ce qui constituerait un crime de guerre, imprescriptible selon la législation belge. 

Rappelons que, en 2002, une commission parlementaire s’était bornée à reconnaître la « responsabilité morale » du gouvernement belge de l’époque dans l’assassinat, ce qui avait entraîné des excuses officielles au gouvernement congolais. Mais aucune responsabilité individuelle n’avait été soulevée, ceci alors que nombre d’historiens soupçonnent que des ordres en provenance de Bruxelles – ou de Laeken – aient pu peser dans le meurtre qui se commettait au Katanga.

Cinquante ans plus tard, il faut hélas reconnaître que la République démocratique du Congo (RDC) est loin d’être sortie de l’ornière et d’être devenue la terre de prospérité et de liberté rêvée par Lumumba. En témoigne, par exemple, l’assassinat, le 1er juin dernier, de Floribert Chebeya, directeur de l’association La voix des sans voix (VSV), tué à la direction générale de la police à Kinshasa, alors qu’il y avait été convoqué par son chef, le général John Numbi, membre du premier cercle de l’entourage présidentiel. La justice belge devra d’ailleurs également traiter du cas de ce dernier, puisque VSV a, quelques jours plus tard, porté plainte contre lui et deux autres responsables de la police. En effet, Chebeya enquêtait – et cela pourrait être le mobile du meurtre – sur la répression particulièrement violente exercée par la police contre les partisans du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo en 2008 au Bas-Congo.

Dans l’est du pays, après cinq années de guerre et d’occupation rwando-ougandaise, encouragée par plusieurs pays occidentaux, une insécurité extrême menace les populations dans les villes et dans les champs, essentiellement due à une armée disparate, composée de diverses factions s’étant longtemps combattues et s’accordant pour continuer à vivre aux crochets de la population, tout en exploitant l’or et le coltan extraits du sous-sol.

Malgré le bref espoir personnifié par Laurent-Désiré Kabila, le père de l’actuel Président, assassiné le 16 janvier 2001, le fils semble avoir opté pour un retour aux méthodes mobutistes. Les multinationales occidentales ont reçu carte blanche, bien que le jeu soit ouvert à la concurrence chinoise, pour piller les fabuleuses ressources minérales et forestière de la RDC, pour autant que de généreux prébendes imbibent le Président et ses proches. Pendant ce temps, l’immense majorité des Congolais vit dans la misère, privée de pratiquement toute forme de service public par un Etat qui a réduit ses prérogatives régaliennes à l’extorsion et à la répression.

Décidément, cinquante ans n’ont pas suffi pour surmonter l’assassinat de Lumumba et permettre à la population congolaise de conquérir une réelle indépendance. Pour ces raisons, le PC soutient les efforts de recherche de la justice et de la vérité historique manifestés par la famille du Premier ministre assassiné et espère qu’ils mèneront à jeter un éclairage plus réaliste sur le sabotage de l’indépendance organisé par l’ancienne puissance coloniale.