| Motion de solidarité à l'attention des travailleur/euse/s et des négociateurs syndicaux |
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| Ecrit par Fédé de Liège | |
| 06-12-2008 | |
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Motion de solidarité à l'attention des travailleur/euse/s et des négociateurs syndicaux de la CSC, de la CGSLB et de la FGTB soutenue par les sections locales ou régionales liégeoises du Comité pour une Autre Politique (CAP), de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), de la Ligue Communiste des Travailleurs (LCT), du Parti Communiste (PC), d’Une Autre Gauche Est Nécessaire (UAG). Chers Camarades, Nous avons souhaité vous adresser collectivement cette motion de soutien concernant les mobilisations sociales des derniers mois, que nous saluons, pour soutenir le maintien d’une sécurité sociale fédérale forte, garante de la solidarité entre tous et en faveur du pouvoir d’achat des travailleurs et des allocataires sociaux. Ces mobilisations préparaient également les négociations de l’Accord Inter-Professionnel qui se sont ouvert depuis quelques semaines et qui viennent de connaître une brusque interruption après une dernière rebuffade de la part du patronat, suite de toute une série de coups bas répétés depuis plusieurs mois… La situation présente illustre plus que jamais à quel point la norme salariale verrouille toute réappropriation par les travailleurs d’une part plus grande des richesses qu’ils produisent. Les experts du Conseil central de l’Economie ont déjà décrété la marge possible de hausse salariale pour les deux années à venir : deux scénarios (1) 6,4% d’augmentation, y compris une inflation estimée à 4,8% ; (2) 5,1% avec une inflation de 4,3% ! Bref, quasi rien hors index ! Il faut donc mettre fin à ce carcan. La dernière exigence patronale est en fait une attaque contre le salaire différé des travailleurs. Il n’est évidemment pas concevable d’accepter une réduction de cotisations sociales patronales, qui serait en définitive à la fois une réduction de salaire ET une moindre rentrée pour la sécurité sociale. Les publications syndicales ont rappelé à maintes reprises, qu’entre 1980 et 2007, la part des salaires dans le produit intérieur brut de la Belgique est passé de +/- 65% à moins de 50% aujourd’hui. Simultanément, des économistes ont démontré que l’évolution du chômage dans les sociétés industrielles suit une courbe parallèle à la financiarisation de l’économie, elle-même à l’origine de la débâcle bancaire et économique actuelle … Mais les actionnaires, eux, loin d’avoir connu la « modération actionnariale », ont vu leur part de la valeur ajoutée des entreprises continuellement augmenter. Ces dernières années, près de 50% des bénéfices des entreprises du Bel 20 (cotées à la Bourse) ont été distribués à leurs actionnaires. La crise actuelle dont les travailleurs ne sont pas responsables doit être une opportunité particulière d’imposer au patronat une série de mesures sociales d’urgence financées par une juste redistribution des richesses produites par les travailleur/euse/s… Mais, elles auront également pour effet de contribuer à limiter les dividendes distribués aux actionnaires – rentiers et de les réorienter vers les salaires et l’investissement socialement et écologiquement durable. Loin de mettre en péril la compétitivité des entreprises, la récupération légitime (ce sont les travailleurs qui produisent les richesses !) des sommes considérables réservées aux dividendes des actionnaires- rentiers et à la spéculation peut financer les revendications qui, selon nous, doivent être au cœur de la négociation interprofessionnelle :
Le gouvernement est également impliqué dans ce plan d’urgence sociale, en particulier dans la revalorisation indispensable de toutes les allocations sociales (pension, chômage, invalidité) et le revenu d’intégration sociale et leur liaison automatique au bien-être. Nous estimons que 1000 euros par mois pour chaque allocataire est un strict minimum pour (sur)vivre. Nous soutenons la revendication syndicale d’une baisse drastique de la TVA sur les énergies de chauffage. Mais nous précisons que celle-ci serait pour ainsi dire sans effet si elle n’était pas accompagnée par un blocage des prix, en l’absence de ce dernier, vu le rythme de l’évolution actuelle des prix de l’énergie, le bénéfice pour les travailleurs en serait résorbé en une seule année. Il nous semble qu’il serait juste d’y ajouter le maintien et le redéploiement des services publics, et la restauration d’un secteur bancaire public, car ceux-ci contribuent aussi à préserver les ressources vitales des travailleurs. Pour financer ces mesures, le gouvernement doit imposer un prélèvement fiscal sur les revenus financiers trop faiblement taxés vu l’absence de cadastre des patrimoines financiers, vu le maintien du secret bancaire fiscal et l’absence d’impôt sur les grosses fortunes. Et pour ne plus jamais devoir offrir aux banques privées 20 milliards d’euros, il doit enfin profiter de la crise pour restaurer un secteur bancaire public au service de tous. La présente motion reflète notre vive inquiétude quant à la dégradation accélérée des conditions de vie et des droits des travailleurs et des allocataires sociaux. Elle témoigne aussi de notre volonté commune de participer activement à des mobilisations combatives et efficaces dont nous soutenons la programmation par les organisations syndicales. Il est important que les travailleur/euse/s sentent que nous sommes décidés, tous ensemble, à arracher des victoires significatives. Et le moyen pour cela, c’est encore et toujours la mobilisation sociale « tous ensemble » sur des revendications qui en valent la peine. Les sections locales ou régionales liégeoises du Comité pour une Autre Politique (CAP), de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), de la Ligue Communiste des Travailleurs (LCT), du Parti Communiste (PC), d’ Une Autre Gauche Est Nécessaire (UAG). |

